Commençons par le prélèvement forfaitaire unique dit « PFU », ou flat tax. Il s’applique par défaut à l’imposition de la plupart des revenus du capital : les intérêts d’épargne, les dividendes ou encore les plus-values mobilières. Depuis la hausse de la CSG de 1,4% en 2026, le taux global du PFU est désormais de 31,4 % (il était de 30% avant la modification). Il se compose de deux prélèvements : l’impôt sur le revenu au taux de 12,8% et les prélèvements sociaux au taux actuel de 18,6%.
L’avantage, c’est la simplicité : quel que soit votre niveau de revenu ou votre tranche d’imposition, vos revenus mobiliers sont taxés au même taux. Cela permet de connaître immédiatement la fiscalité applicable à vos placements. Le PFU peut être particulièrement intéressant pour les contribuables situés dans les tranches d’imposition les plus élevées.
Prenons un exemple concret : vous percevez 1 000 euros de dividendes d’un portefeuille d’actions. Avec le PFU, l’imposition est simple : avec un taux de 31,4 %, vous payez 314 euros d’impôts, et il vous reste 686 euros nets.
Ainsi, même si votre tranche marginale d’imposition est de 30 % ou 41 %, la fiscalité reste plafonnée au taux du PFU. C’est la raison pour laquelle ce régime d’imposition est souvent privilégié par les contribuables les plus imposés.
Mais il existe une alternative : vous pouvez renoncer au PFU et choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les revenus de placement s’ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal - salaires, pensions, revenus fonciers, etc. - et sont imposés au taux correspondant à votre tranche d’imposition. Cette option peut être intéressante pour les contribuables non imposables ou faiblement imposés. Elle permet aussi de bénéficier de certains avantages fiscaux, comme : l’abattement de 40 % sur les dividendes (qui s’applique uniquement pour le calcul de l’impôt sur le revenu) ; la déductibilité d’une partie de la CSG ; ou encore l’imputation de certaines charges déductibles du revenu global, par exemple les versements effectués sur un plan d’épargne retraite dans la limite des plafonds de déduction.
Prenons un autre exemple : imaginons que vous percevez 1 000 euros de dividendes, et que vos revenus sont imposés au taux moyen de 11 %. Si vous choisissez le barème progressif, vos dividendes bénéficieront d’un abattement de 40 %. Vous ne serez donc imposé que sur 600 euros, à 11 % d’impôt sur le revenu, ce qui représente 66 euros d’impôt. Il faut également ajouter les prélèvements sociaux de 18,6% calculés sur le montant des dividendes sans abattement, soit 186 € (à noter qu’une quote-part de la CSG payée sera déductible l’année suivante).
Au barème progressif, l’imposition de vos dividendes sera au total de 252 €, contre 314 € pour le PFU. Dans notre exemple, l’option pour le barème progressif est donc plus avantageuse que le PFU. C’est la raison pour laquelle il est souvent conseillé de comparer les deux situations avant de valider sa déclaration.
Attention, il y a un point très important à retenir : l’option pour le barème progressif est expresse (il faut obligatoirement cocher la case correspondante dans la déclaration de revenu), globale et annuelle. Cela signifie qu’elle s’applique à tous les revenus concernés par le PFU perçus par votre foyer fiscal la même année : intérêts, dividendes et plus-values. Mais, grande nouveauté de la loi de finances pour 2026, l’option n’est plus irrévocable : il sera désormais possible de renoncer a posteriori à l’option pour le barème dans le délai légal de réclamation, si elle s’avère défavorable. Et c’est une bonne nouvelle pour les contribuables !
En résumé, le PFU offre simplicité et visibilité, avec un taux fixe, aujourd’hui de 31,4 %. Le barème progressif, lui, peut être intéressant pour les contribuables les moins imposés, et pour ceux qui souhaitent réduire l’impôt en allant chercher certains abattements disponibles uniquement en cas d’option. Mais cela nécessite une analyse plus fine de sa situation fiscale.
Comme souvent en matière patrimoniale, la meilleure solution dépend de votre niveau de revenu, de votre tranche d’imposition et de la nature de vos placements.
Si vous souhaitez savoir quelle option est la plus adaptée à votre situation, n’hésitez pas à en parler avec votre conseiller. Il est là pour vous accompagner. C’est son métier.
Merci à Imelda Massounga, ingénieur patrimonial de Groupama Gan Vie, d'avoir répondu à la question.