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Publié le : 30/07/2026
Création ou reprise d'entreprise impact sur la retraite

Créer ou reprendre une entreprise en 2026 : quel impact sur votre future retraite ?

Si vous mettre à votre compte soulève naturellement des questions de revenus ou de statut juridique, votre retraite mérite également toute votre attention. Car dès les premiers mois d’activité, les droits que vous acquérez influencent directement le montant de votre future pension. Encore faut-il savoir quels sont les droits auxquels vous pourrez prétendre selon le régime auquel vous êtes affilié, que vous soyez freelance, artisan-commerçant, micro-entrepreneur, professionnel libéral ou dirigeant non-salarié. Pour éviter les mauvaises surprises et sécuriser votre avenir, mieux vaut donc comprendre dès aujourd’hui comment votre nouvelle activité influence votre retraite.

 

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Des droits à la retraite dès la création ou la reprise d’entreprise

 

Créer ou reprendre une entreprise implique souvent de se concentrer sur des priorités immédiates : trouver des clients, choisir le bon statut, sécuriser sa trésorerie, développer son chiffre d’affaires… Pourtant, un autre sujet mérite toute votre attention dès les premiers mois : votre future retraite.

Toute aventure entrepreneuriale a des conséquences sur les droits à la retraite. En tant que chef d’entreprise indépendant, vous commencez à cotiser pour votre retraite dès le démarrage de votre activité professionnelle. Vos droits dépendent directement des revenus ou du chiffre d’affaires que vous déclarez.

Concrètement, les cotisations sociales qui vous sont prélevées permettent notamment de :

  •  valider des trimestres ;

  • ➜ calculer le montant futur de votre pension de retraite de base ;

    ➜ acquérir des points de retraite complémentaire ;

    ➜ maintenir une continuité de droits avec vos activités précédentes.

  • À l’inverse, des revenus insuffisants, un manque d’anticipation, une mauvaise compréhension du statut choisi ou une sous-estimation de vos besoins peuvent limiter vos droits futurs.

  •  

Comment fonctionne la retraite des indépendants ?

 

Comme les salariés, les indépendants cotisent tout au long de leur activité afin d’acquérir des droits à la retraite. Le système repose sur deux niveaux : une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoire.

La retraite de base : des trimestres validés selon vos revenus ou votre chiffre d’affaires

Pour les TNS, la validation des trimestres ne dépend pas du temps travaillé, mais du montant des revenus professionnels (ou du chiffre d’affaires pour les micro-entrepreneurs (1)) soumis à cotisations. Autrement dit, si le niveau de vos revenus ou de votre chiffre d’affaires encaissé reste insuffisant alors même que vous avez travaillé toute l’année, les trimestres requis pour ouvrir des droits à la retraite ne sont pas validés.

Pour disposer d’une annuité complète, vous devez valider 4 trimestres dans l’année.

Si vous êtes artisan, commerçant, micro-entrepreneur (vente de marchandises ou prestation de services), dirigeant non-salarié ou professionnel libéral (activité réglementée), pour acquérir un trimestre au régime de retraite de base, il vous faut atteindre un seuil minimal de revenus fixé par l’Assurance retraite correspondant à 150 fois le SMIC horaire brut, soit 1 846,50 euros brut au 1er juin 2026 (2). Dès lors que vous dégagez un revenu professionnel ou un chiffre d’affaires annuel imposable correspondant à 600 (150 x 4) heures de SMIC (7 386 euros brut au 1er juin 2026 (2)), vous validez donc une annuité.

Si vous choisissez d’exercer une activité libérale non réglementée, votre chiffre d'affaires annuel doit en revanche atteindre au moins 11 168 € en 2026 pour valider 4 trimestres (3).

 

La retraite complémentaire : un système de points

En parallèle de votre retraite de base, vous cotisez également à un régime complémentaire obligatoire. Ces cotisations permettent d’acquérir des points qui seront convertis en pension au moment de votre départ à la retraite.

Pour de nombreux indépendants, la retraite complémentaire représente une part essentielle de leurs revenus futurs. Mais saviez-vous qu’en matière de retraite, notamment complémentaire, les règles diffèrent selon votre statut juridique ?

 

Quels sont les impacts du statut juridique sur la retraite ?

 

Sur le plan de la retraite, tous les indépendants ne sont pas logés à la même enseigne. Le statut juridique choisi au moment de la création ou de la reprise de votre entreprise détermine votre régime d’affiliation pour votre retraite et influence directement vos cotisations sociales et vos droits futurs.

Selon que vous décidiez de devenir dirigeant TNS (dirigeant de société, artisan, commerçant), professionnel libéral, entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur, les règles applicables peuvent varier sensiblement en fonction des différents régimes de retraite, et les conséquences sur le montant de votre pension peuvent être considérables.

Le statut de dirigeant TNS

Si vous choisissez le statut de dirigeant non-salarié (artisan, commerçant, gérant majoritaire de SARL…), vous serez affilié à la Sécurité sociale pour les indépendants (SSI) pour votre retraite (4). Vous cotiserez alors pour :

La retraite de base : votre pension sera calculée selon la formule du régime général (5).

➜ La retraite complémentaire des indépendants (RCI) : votre régime complémentaire vous permettra d'acquérir des points de retraite complémentaires (6).

  L’assurance invalidité-décès : vous bénéficierez d’une protection en cas d’incapacité de travail.

La base de calcul des cotisations et contributions sociales est composée du revenu professionnel brut, diminué de certaines charges professionnelles (hors cotisations et contributions sociales), sur lequel un abattement forfaitaire de 26 % est appliqué (7).

Le montant des cotisations pour la retraite varie en fonction du montant de vos revenus bruts professionnels :

➜ Si vous déclarez moins de 48 060 € en 2026, vos taux de cotisation s’élèvent à 17,87% pour votre retraite de base, et à 8,1% pour votre retraite complémentaire (7).

Si vos revenus sont supérieurs à 48 060 € en 2026, les taux de cotisation applicables sont de 0,72% pour votre retraite de base, et de 9,1% pour votre retraite complémentaire (ils ne doivent pas dépasser 192 240 € dans ce cas) (7).

 

Bon à savoir : Pour en savoir plus sur vos taux de cotisations, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site de l’Urssaf.

 

Le statut de professionnel libéral

Les professions libérales réglementées relèvent quant à elles de régimes d’assurance vieillesse x gérés au sein de r la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL) et de ses sections professionnelles. La CNAPVL regroupe plusieurs caisses professionnelles spécifiques à chaque profession (8) :

 

➜ La CARMF pour les médecins ;

➜ La CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et sages-femmes ;

➜ La CARPIMKO pour les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes ;

➜ La CAVP pour les pharmaciens ;

 La CARPV pour les vétérinaires ;

 La CPRN pour les notaires ;

La CAVEC pour les experts-comptables et commissaires aux comptes…

 

Les règles varient en fonction de la nature de la profession libérale exercée. Chaque caisse gère ses propres règles de cotisations et de calcul des pensions, avec un régime de base commun et des régimes complémentaires spécifiques.

Les cotisations et contributions sociales sont calculées en fonction du revenu professionnel s réalisé sur une année. Mais si ce dernier est inconnu au moment de la déclaration de revenus, elles sont alors calculées en fonction des revenus de l’année précédente, avant d’être réajustées (8) : on parle alors de cotisations provisionnelles.

Pour connaître toutes les règles concernant la retraite, vous pouvez vous adresser à la caisse de retraite de la profession libérale réglementée qui concerne votre activité.

 

Le statut de micro-entrepreneur

S’il séduit par sa simplicité administrative, le statut de micro-entrepreneur ou d’auto-entrepreneur implique pour sa part d’autres spécificités. L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à penser que l’immatriculation suffit à générer automatiquement des droits à la retraite. En réalité, tout dépend du chiffre d’affaires déclaré.

Les micro-entrepreneurs sont rattachés, comme les dirigeants non-salariés, au régime de Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégré au régime général de la Sécurité sociale. Leur retraite est gérée par l’Assurance retraite.

Avec ce statut, vos cotisations sociales seront calculées tous les mois ou tous les trimestres en fonction de votre chiffre d'affaires réalisé le mois ou le trimestre précédent (9).

Là encore, les taux de cotisations sociales pour la retraite de base sont différents selon la nature de l'activité exercée :

·        ➜ Pour la vente de marchandises 12,3 % de votre chiffre d'affaires (13,3% si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt) (9). Pour connaître le nombre de trimestres de retraite que vous avez validés au cours d'une année, vous devez diviser le montant des revenus cotisés au régime de retraite de base par 150 SMIC horaire au 1er janvier de l'année (2).

·         ➜ Pour une prestation de services (BIC) : 21,2 % de votre chiffre d'affaires (22,9% si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt) (9). Pour connaître le nombre de trimestres de retraite que vous avez validés au cours d'une année, vous devez diviser le montant des revenus cotisés au régime de retraite de base par 150 SMIC horaire au 1er janvier de l'année (2).

·        ➜ Pour une activité libérale non réglementée (BNC) : 25,6 % de votre chiffre d'affaires (27,8% si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt) (9). Pour valider 4 trimestres de retraite, votre chiffre d'affaires annuel doit atteindre, en 2026, au moins 11 168 € (9).

 

Bon à savoir : Les professions libérales non réglementées sont des professions qui ne sont ni commerciales, ni artisanales, ni agricoles. Elles ne sont pas organisées par un ordre professionnel. Ce sont généralement des activités intellectuelles, techniques ou de soins. Cela peut être le cas si vous envisagez par exemple de devenir formateur, ostéopathe, psychologue, diététicien, coach sportif ou encore guide conférencier (10).

 

À noter : un micro-entrepreneur ne peut pas acquérir plus de 4 trimestres par an (9). Le montant de votre retraite sera calculé sur vos 25 meilleures années de revenus. Votre pension de retraite correspond à 50 % de votre revenu moyen si vous avez acquis tous vos trimestres de retraite. Le montant du revenu moyen pris en compte ne peut pas être supérieur à 48 060 € (9). Si vous n'avez pas acquis tous vos trimestres de retraite, alors le montant de votre pension sera minoré.

En tant que micro-entrepreneur, vous cotisez également pour votre retraite complémentaire. Cette retraite complémentaire vous permet de gagner des points de retraite. Pour calculer ces points, vous devez, comme pour la retraite de base, déterminer la part du montant de vos cotisations sociales qui revient à votre retraite complémentaire. Une fois que vous avez déterminé ce montant pour une année, vous devez le diviser par la valeur du point de l'année correspondante, selon votre statut (9).

 

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Retraite des indépendants : des pensions de base souvent insuffisantes

 

Vous l’aurez compris, le statut juridique que vous choisissez détermine le régime auquel vous cotisez, le mode de calcul de vos droits, les trimestres acquis et les conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Dans tous les cas, en tant qu’indépendant, les cotisations que vous reversez pour votre retraite sont bien souvent inférieures à celles d’un salarié dans le privé à revenu équivalent, en raison de leur plafonnement plus bas. Cet avantage peut permettre de préserver la trésorerie de votre entreprise au démarrage. Mais des cotisations plus faibles peuvent aussi réduire le montant de votre future pension.

Quel que soit votre statut, les régimes obligatoires ne suffisent pas à compenser la perte de revenus au moment de la retraite. Le montant de votre pension de base reste généralement trop faible pour maintenir votre niveau de vie après l’arrêt de votre activité. D’autant que des revenus ou un chiffre d’affaires trop faibles peuvent aussi limiter la validation de trimestres, voire empêcher l’acquisition de droits sur une année complète.

C’est pourquoi, en tant qu’indépendant, vous ne pouvez vous reposer uniquement sur les régimes obligatoires. Il convient d’agir pour combler cet écart et ce, le plus tôt possible.

 

Bon à savoir : Si vous bénéficiez de l’Aide à la création d’entreprise (ACRE), dispositif vous permettant d’être exonéré partiellement de cotisations sociales pendant votre première année d’activité, vos droits peuvent également être impactés (11). Tout dépend notamment du niveau de revenus générés pendant cette période.

 

Anticiper votre retraite dès les premières années d’activité : une priorité

 

Lorsqu’on crée son entreprise, la retraite peut sembler lointaine. Trop de TNS attendent la fin de leur carrière pour s’y intéresser. Pourtant, les premières années d’activité peuvent avoir un impact important sur le montant futur de votre pension. Des périodes prolongées avec peu de cotisations peuvent réduire vos droits ou créer des écarts de revenus non négligeables à la retraite, alors que vous avez toutes les cartes en main pour agir dès aujourd’hui. Plus vous vous y prenez tôt, plus vous disposez de leviers pou

➜ Bien identifier votre statut, votre régime d’affiliation et votre mode de rémunération dès la création de votre activité, afin d’anticiper précisément vos droits ;

➜ Cotiser volontairement afin de combler des périodes incomplètes ;

➜ Mettre en place une stratégie d’épargne-retraite adaptée afin de sécuriser votre avenir.

Envisager une épargne-retraite individuelle apparaît notamment comme l’une des solutions les plus intéressantes pour combler votre baisse future de revenus.

 

Le PER individuel : un complément intéressant pour les indépendants

 

Créer son entreprise ou reprendre une activité implique souvent une protection sociale moins homogène que celle des salariés. Pour y faire face, l’épargne-retraite s’impose de plus en plus comme une solution incontournable.

Elle permet de vous constituer, dès les premières années d’activitéun capital ou une rente supplémentaire pour [DG1]  la retraite. Contrairement aux retraites de base obligatoires, la retraite supplémentaire repose sur une logique individuelle de long terme que vous pilotez : vous gardez la main sur vos versements, vos placements et vos modalités de sortie. D’autant qu’elle peut être financée par votre entreprise et vous faire bénéficier d’avantages fiscaux et sociaux significatifs (12).

À cet égard, le Plan d’Épargne Retraite individuel (PERIN) (13) est un dispositif particulièrement intéressant pour structurer votre stratégie retraite de façon personnalisée. Accessible à tous les TNS, que vous soyez professionnel libéral, artisan, commerçant ou auto/micro-entrepreneur, il vous permet d’effectuer des versements volontaires (libres et/ou programmés) à votre rythme, tout en capitalisant sur des supports adaptés à votre horizon de départ.

L’épargne reste bloquée jusqu’à votre retraite – sauf cas de déblocage anticipé fixé par la réglementation (achat de la résidence principale, accident de la vie…). Selon votre situation, les versements peuvent être déductibles de votre revenu imposable (12).

Un accompagnement adapté à vos objectifs  avec un conseiller patrimonial ou un expert-comptable peut vous aider à adapter votre stratégie d’épargne-retraite selon votre activité, vos revenus et vos objectifs futurs.

 

À retenir :

Créer ou reprendre une activité indépendante peut avoir des conséquences importantes sur votre future retraite.

➜ Le niveau de protection sociale des indépendants dépend en grande partie du statut choisi, des revenus déclarés, de la régularité de l’activité, des dispositifs utilisés et des solutions d’épargne mises en place.

➜ Micro-entrepreneur, artisan, commerçant, profession libérale ou dirigeant non-salarié : chaque situation mérite une analyse spécifique.

➜  Anticiper votre retraite dès les premières années d’activité permet souvent d’éviter des écarts de revenus importants une fois à la retraite.

 

Contactez un conseiller pour bien préparer votre retraite

 

Bon à savoir : Indépendant, le PERIN vous offre la possibilité d’agir dès la création ou la reprise d’entreprise sur le montant de votre future pension. Il vous permet de combler les carences des régimes de base tout en bénéficiant d’une gestion personnalisée, sécurisée et progressive.

 

Sources :

(1) https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F36232

(2) https://travail-emploi.gouv.fr/le-smic-salaire-minimum-de-croissance

(3) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23369

(4) https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000036694251/2026-05-22

(5) Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026

(6) https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/hors-menu/actualites-nationales/actif/2025/travailleurs-independants-la-r-2.html

(7) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23890

(8) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31233

(9) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23369

(10) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F33841

(11) https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F11677

(12) Pour les TNS, la limite globale annuelle de déduction est égale au plus élevé des deux montants suivants : 10 % du bénéfice imposable de l’année en cours dans la limite de 8 fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l’année en cours (48 060 € en 2026), plus 15 % de la fraction du bénéfice imposable de l’année en cours compris entre 1 fois et 8 fois le PASS de l’année en cours, ou 10 % du PASS de l’année en cours si ce montant est supérieur au précédent. Les versements volontaires déductibles de l’assiette de l’impôt sur le revenu à l’entrée seront fiscalisés à la sortie. Selon les cas, la plus-value sera imposée au barème de l’impôt sur le revenu ou soumise au prélèvement forfaitaire unique.

(13) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34982

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